ERNIS
« Je ne suis pas une potentialité de quelque chose.
Je suis pleinement ce que je suis» Fanon
Romancière | Femme| Education| Pensée décoloniale
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C'est toujours un luxe de pouvoir se concentrer sur le travail artistique et la transmission, en se sentant pleinement accompagnée.
Merci à tout le réseau artistique inclusif.
30/09/2026
Deux essentiels. Je survis, mais avec classe.
27/09/2026
Fin de semaine. Nous avons tous vu la machine se mettre en branle contre Thélyson. Mais ce lynchage n'est que la face visible d'un problème bien plus large. C'est le traitement systématique réservé à tous ceux qui refusent de rentrer dans les cases. Une société sans pitié.
26/09/2026
Hier soir, mon petit père et moi sortons d'un magasin. Il faut vite le pousser pour ne pas rater le bus qui passe dans trois minutes bien comptées. Petit père, depuis la poussette, me regarde avec le visage plissé. Il n'a pas aimé ce magasin. Dans ma course, je lui explique la nécessité de cette sortie. La dame qui produit son lait a besoin de se nourrir pour refaire ses forces.
Nous voilà enfin dans le bus. Une chaleur étouffante du milieu d'été nous envahit. Petit père pousse un cri de secours qui alerte tout le bus. Le chauffeur me regarde, tout agacé, et sourit :
— C'est sa première fois dans les transports ?
— Dans les transports en commun, oui.
— Bienvenue, jeune homme, dans la vraie vie.
Nous avançons vers le fond du bus. Une dame nous cède sa place près des poussettes. Elle regarde petit père, il la fixe comme un proche et se calme immédiatement. Cette dame a de longs cheveux dont les racines poudrées de blanc donnent quelques indices sur son âge. Elle est belle comme une Mami water des eaux du Cameroun. Elle ressemble beaucoup à Marie-Claire, l'amie qui a sans relâche joué avec petit père à son troisième jour de vie et qu'il a dévorée des yeux.
La dame regarde petit père une fois de plus, puis se tourne vers moi :
— Profitez, ça grandit vite !
— Merci !
— Je n'ose même pas vous demander pourquoi le père n'est pas allé faire des courses à votre place. Il y a trente-cinq ans, c'est comme cela que je poussais ma fille N. pour tout faire. Aujourd'hui, elle est cadre en Belgique… J'étais déjà seule à m'en occuper après quelques semaines seulement, mais j'ai tenu. Nous, les femmes, n'abandonnons pas parce que nous n'avons pas le choix. Les hommes sont plus fragiles que nous. Même quand ils restent, ils sont stressés. Ils ne savent simplement pas faire et n'ont pas le courage d'apprendre comme nous.
J'essaie de placer un mot, sans succès.
— Mes frères n'ont jamais compris pourquoi mon père était si bousculé par la vie de famille. Le pauvre, pour lui, faire manger la famille était déjà une peine importante. Il ne fallait surtout pas lui demander de s'occuper d'un enfant…
Bientôt, nous arrivons à l'arrêt. La dame ramasse ses trois sacs pleins, me fixe droit dans les yeux et prononce ces mots avant de descendre :
— Je vous souhaite une vie remplie de bonheur, vous le méritez !
Et moi, j'ai lancé un simple merci dans son dos. Au fond, je me demande ce que je lui aurais dit si elle m'en avait laissé le temps.
24/09/2026
23/09/2026
Notre rentrée littéraire à nous.
Mon petit père et moi en librairie. Des romans pour nous évader. Nous sommes les plus heureux du monde.
Bonheur de lire Hemley Boum
Hâte de découvrir Thélyson et Caroline Hinault
22/09/2026
L'arrivée d'un enfant change nos priorités et notre manière d'appréhender la réalité.
Devant la pédiatre, je discute avec mon petit gars qui commence à émettre des sons plus aigus. Il sourit et la pédiatre s'exclame :
— Il a déjà un sourire social ! C'est vite arrivé et c'est parfait.
Et moi, je souris en moi-même, me félicitant de tous ces moments où j'apprends à m'occuper de lui avec toute ma maladresse. Le premier mois de la vie d'une maman est le mois de la survie.
Et la pédiatre qui poursuit :
— Il vous ressemble. C'est le premier ? Vous faites tout bien. Il s'apaise seul. Assez autonome. Il a son petit caractère, le petit...
Je suis plutôt rassurée de savoir qu'il ait son propre caractère, même s'il est encore trop tôt pour l'affirmer. J'ai toujours pensé que les enfants n'avaient pas à être les copies de leurs parents. Ils regardent le monde avec leurs propres yeux et le ressentent à leur manière. Mon rôle de mère est de lui apprendre à écouter son propre avis et, face au doute, la question que je lui poserai sera toujours : « Qu'est-ce que tu en penses, toi ?»
Je ne souhaite pas donner ce que j'ai hérité : le silence. Je souhaite transmettre ce que j'ai cultivé, c'est-à-dire l'autonomie et l'écoute.
En sortant de la consultation, j'ai écrasé une larme à la porte parce que devenir parent est autant une naissance pour mon garçon que pour moi, sa mère.
19/09/2026
Chaque soir, je pleure avec toi.
Ces moments où ni les mots ni la poésie ne nous aident.
Les soirs passent,
Les heures sorcières aussi,
Et notre amour demeure,
Mon petit garçon.
17/09/2026
Enjoying...
15/09/2026
Le manque de représentation nous pousse parfois à douter de notre propre réalité.
Quand les lèvres de mon bébé ont commencé à noircir, j'ai cédé à la panique et contacté la sage-femme en urgence, conditionnée par une affiche en maternité qui associait ce changement à une détresse médicale : Une norme pensée pour les bébés blancs, mais inappropriée pour le mien.
Déjà à la naissance, une infirmière m'avait lancé brutalement : « Notre test pour la fièvre jaune ne fonctionne pas sur votre bébé parce qu'il est noir, on n'a pas l'habitude. »
Dans le monde médical, le corps racisé reste un angle mort systématique.
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