Albin de la Simone
Albums, concerts, dessins etc… :
https://linktr.ee/albindelasimone Nouvel album "L'un de nous" disponible ici https://Tot-ou-Tard.lnk.to/lundenousFA !
Mes battements.
Spectacle musical dessiné. À partir du 4 septembre au Petit Saint Martin. Réservations :
En ce dimanche matin, une version enrhumée et très raccourcie de Mes épaules, sur les sièges du Petit Saint-Martin filmée il y a deux mois. Ce jour-là il était question de tester le confort et l’acoustique de chacun des 200 sièges du théâtre dans lequel je m’installe avec Mes battements à partir du 4 septembre, histoire de pouvoir vous prévenir en cas de siège défaillant. Bilan : ils sont tous impecs👌🏼.
Les réservations sont ouvertes pour les dates de septembre, ne tardez pas ! (Billetterie : )
A partir du 4 septembre !
Le concert à Coutances, rhabillé par les grands et à .jslp est en ligne sur et sur YouTube !
La géniale nous rejoint à la fin pour trois belles surprises.
J’attends vos commentaires ! Aimez vous ces versions inédites ? Lesquelles vous plaisent le plus ?
02/05/2026
Michel Piccoli, 85 ans, grand et massif, s’assied en face de moi. Gilles nous présente.
- Michel je te présente Albin, un ami musicien qui prépare un spectacle autour de films qu’il a inventés, et dont il a composé la musique. Ça s’appelle les Films Fantômes.
- Ah très intéressant, la musique de film, il y a tant de belles choses. C’est une discipline noble vous savez.
- Je sais bien ! J’en écoute beaucoup, même parfois sans connaitre les fi…
- Sarde. C’est un génie, vous connaissez Philippe Sarde, bien entendu.
- J’adore ! Je crois que ma préférée, c’est la musique de L’horloger de…
- Ses orchestrations, ses mélodies, et toujours une idée étonnante, un truc en plus !
Pendant que Piccoli me parle de Philippe Sarde, je ne peux m’empêcher de penser aux Choses de la vie. Je revois l’accident de voiture au ralenti. J’entends sa voix. La musique. La chanson. Je vois Romy Schneider, j’entends sa voix si fragile, si délicate. « Ce soir, nous sommes septembre». Piccoli, contrebasse, « d’autres avions partiront sans nous ».
- Je suis habité par La Chanson d’Hélène, que vous chantez avec Romy Schn…
- Oh ça !? Ah, non ! Alors là, non, pas ça. Vraiment. Il s’est pas foulé sur ce coup-là. Cette mélodie me sort par les trous de nez !
Il joint les poings en rythme, imitant un singe en peluche qui claque des cymbales.
- NA-NA-NANANANA, NA-NA-NANANANA ! C’EST LOURD ! NUL NUL NUL !
- Oh non je vous en supplie arrêtez, vous n’avez pas le dr…
- Hahaha reconnaissez que c’est pas un chef d’œuvre ! Il y a tant de beauté dans la création, regardez par exemple, vous avez vu le décor de notre spectacle ?
- Non, je…
- Allez voir, c’est juste là, vous me direz ce que vous en pensez.
Le décor, un hall d’hôtel, ne me séduit pas particulièrement. Je retourne dans le hall, Piccoli m’attend derrière la porte.
- Alors, c’est beau non ?
Je reprends son ton outrancier et sa gestuelle.
- Oh non, il s’est vraiment pas foulé, C’EST LOURD ! NUL NUL NUL !
Mais Piccoli ne rit pas, il me regarde comme si j’étais fou, tourne les talons, et part rejoindre des gens à à une table voisine.
01/05/2026
Adolescent et jeune adulte, mon père était très proche de sa cousine Jeanne-Claude, jusqu’à ce qu’elle s’entiche d’un peintre bulgare et parte vivre à New-York avec lui, en 1964. Mon père a ensuite rencontré ma mère, ils se sont installés à Montigny sur l’Hallue, et nous ont eu ma sœur et moi, Mandoline (la ponette), le jazz, les voitures…. De mon vivant, il n’a jamais été question de Jeanne-Claude jusqu’à ce qu’au milieu des années 80, elle apparaisse avec son mari au journal de 20h. Ils étaient sur le point d’emballer le Pont-Neuf.
En un instant Jeanne-Claude est redevenue la plus proche cousine de mon père, faisant ainsi de son mari Christo un vieux copain. Notre cœur familial s’est mis à battre au rythme des évolutions de l’emballage du Pont-Neuf. Nous sommes allés de nombreuses fois à Paris, pendant et après le chantier, avons étudié les plans, avons regardé les escaladeurs en combinaison rouge harnachés et suspendus sous les voûtes pour y passer les câbles de fixation de la toile beige. Nous avons ri en voyant notre père alpaguer les touristes pour leur demander s’ils aimaient ce travail, leur glissant discrètement que c’était l’œuvre de son cousin et sa cousine. Une photo de lui avec Christo dans un canot pneumatique m’émeut particulièrement, tant la fierté et l’excitation illuminent son sourire enfantin.
Je peux affirmer aujourd’hui que la fascination de mon père pour les artistes joue un rôle certain dans la direction que j’ai donnée à ma vie.
30/04/2026
En maternelle et primaire, ma sœur et moi allions dans une école à l’entrée d’Amiens, à 15 km de notre village, sur le trajet que notre père empruntait pour aller au bureau. C’est donc lui la plupart du temps qui nous y emmenait le matin et nous y récupérait en fin de journée. Nous faisions le trajet tous les trois en chantant. C’est d’ailleurs à cette occasion que j’ai entendu pour la première fois mon père me féliciter pour mon oreille musicale. Il parait que j’ajoutais spontanément une deuxième ou une troisième voix aux airs de Guy Béart et de Dick Annegarn que nous chantions à tue-tête.
Mais parfois, le trajet se faisait dans le plus grand silence, la respiration retenue, la peur au ventre. Car parfois, par flemme, par étourderie ou par impatience, notre père avait oublié de faire le plein d’essence malgré le clignotement insistant du voyant jaune, après le début duquel « on peut LARGEMENT faire encore cinquante kilomètres ».
Dans ces cas-là, arrivé en haut de chaque descente, notre père coupait le contact, laissant la voiture filer en roue libre sans aucun autre bruit que celui de l’air fendu par la carlingue métallique, le plus longtemps possible, évitant de freiner pour profiter de tout ce que l’élan avait à nous offrir, et ne redémarrant qu’à la dernière seconde, lorsqu’il jugeait que c’était devenu nécessaire. Allait-on réussir à atteindre l’école, allait-il encore falloir faire du stop pour monter en panique dans la voiture d’inconnus, ou attendre de trouver quelqu’un qui nous accorde de lui siphonner un litre d’essence… la tension était immense.
Cliquez ici pour réclamer votre Listage Commercial.
Type
Site Web
Adresse
Paris